{
Vous lisez...
Combat catholique, Général, Histoire

La vocation de la France ou les promesses divines sont imprescriptibles

Épilogue de l’ouvrage : « La Révolution préparée par la Franc-maçonnerie », Jean de Lannoy, PARIS P. LETHIELLEUX, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1911.

 

La France a une vocation, une mission providentielle. Depuis le pacte de Tolbiac et de Reims, elle est la nation très chrétienne, la Fille aînée de l’Église, le soldat de Dieu. Au baptistère de Reims, c’est la France elle-même qui reçoit l’onction sainte faite avec le liquide mystérieux et précieux de la Sainte-Ampoule apportée par une colombe, descendue du ciel.

Baptême de Clovis et de la France

A Clovis, penché sur les Fonts baptismaux, saint Remy l’explique dans une exhortation prophétique :
« Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Église romaine, qui est la seule véritable Église de Jésus-Christ. Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes de la terre ; il embrassera toutes les limites de l’empire romain et soumettra tous les autres royaumes à son sceptre. Il durera jusqu’à la fin des temps. Il sera victorieux et prospère tant qu il restera fidèle à la foi romaine, mais il sera rudement châtié toutes les fois qu’il sera infidèle à sa vocation. »

 

Et dans son testament, que [Saint] Pie X, le 13 décembre 1908, appelait un trésor, saint Remy développe la pensée suivante : « A cette race royale que j’ai choisie, baptisée, sacrée pour régner jusqu’à la fin des temps, à l’honneur de l’Église, pour la défense des pauvres, gloire et prospérité si elle est fidèle, honte et malédiction si elle ne l’est pas« .

 

Au XVe siècle, la France est « rudement châtiée » ; mais un envoyé du Ciel paraît : Jeanne d’Arc, à Chinon (1429), adresse au roi cette prière étrange : « Sire, daignez me faire un présent ; donnez-moi le royaume de France. » Le roi, surpris, réfléchit un instant et accorde ce cadeau à Jeanne. La Pucelle l’accepte et fait dresser l’acte de donation par les quatre secrétaires de Charles VII. Le roi en est un peu ébahi, et Jeanne, en le montrant à l’assistance, tient ce propos : « Voilà le plus pauvre chevalier de son royaume ! ». Presque en même temps, par devant les mêmes notaires, elle livre au Dieu Tout-Puissant le royaume de France qu’elle venait de recevoir en don. « Puis au bout d’un instant, obéissant à un ordre de Dieu, elle investit le roi Charles du royaume de France, et, de tout cela, elle fait dresser un acte solennel».1

 

La Bienheureuse [SAINTE] venait de renouveler l’alliance du Christ et de la Patrie Française conclue à Reims. Dieu était proclamé le vrai Roi de France ; Charles VII n’en était plus que le lieutenant. Jeanne d’Arc, inspirée, avait distingué que la honte et la malédiction abattues sur la France étaient le résultat de son infidélité.

 

« Je ne sais, disait-elle le 17 mars 1431, si Dieu haïssait les Français, je crois plutôt que Dieu voulait les faire battre pour leurs péchés, s’il y étaient. »

 

Mais voici Louis XIV dans tout l’éclat de sa puissance : apogée de nos gloires, hélas ! aussi, débuts de nos décadences, aurore du philosophisme et de toutes les hérésies modernes. Le Roi du Ciel et de la France rappelle encore à son Fils aîné le pacte de Reims. Il veut le soustraire à « l’abîme de perdition ! ».

 

« Fais savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur (parlant de notre roi, Louis XIV) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma Sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle, par la consécration qu’il fera de lui-même à mon Cœur adorable, qui veut triompher du sien, et par son entremise, de celui des grands de la terre ».

 

Il veut régner dans son palais, être peint dans ses étendards et gravé dans ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes, pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la sainte Église. »

 

Hélas ! Louis XIV mourut sans avoir répondu à l’appel divin! Mais, après saint Remy, le Sacré-Coeur l’avait rappelé encore au monde : La France a une mission providentielle à remplir et elle sera grande à travers les temps, en proportion de sa fidélité à observer le pacte divin.

 

Les Papes ont reconnu cette vocation de notre Patrie : Pelage II, saint Etienne, Innocent III, Grégoire IX en particulier l’ont proclamée. Ce dernier écrivait à saint Louis : « Le Rédempteur a choisi le royaume de France comme l’exécuteur de ses divines volontés. » Et Léon XIII rappelait dans la lettre Nobilissima Gallorum Gens que les Francs ont toujours été les aides de la Providence elle-même », Gesta Dei Per Francos.

 

Nous n’avons donc pas le droit de douter de la prédestination de notre pays, et de nous laisser aller à pleurer les bras croisés, comme des lâches, sur sa fin prochaine. D’ailleurs, la Bienheureuse [sainte] Jeanne d’Arc elle-même nous incite à l’espérance, nous provoque à l’action. En effet, dans la revue O Salularis (n° de juillet 1903), M. le Chanoine Coubé nous indiquait magnifiquement —- au témoignage de Jeanne — les raisons, les certitudes que nous avons de ne pas désespérer de la France.

 

« Jeanne d’Arc, écrivait-il, a fait des prophéties qui ont toutes été réalisées. Or, Jeanne a prédit que la France accomplirait un jour pour le salut de la chrétienté un exploit grandiose qui dépasserait tout ce que l’univers a vu jusqu’ici. Le monde sera donc un jour le témoin de cette entreprise merveilleuse qui surpassera les Croisades et Lépante. Et pour l’accomplir, il faut bien que la France se relève et reprenne sa noble épée de Dieu !

 

Notre Patrie tient de son baptême miraculeux, du pacte de Reims, une nature d’apôtre. Elle a jadis entraîné les peuples aux Lieux-Saints, elle a écrasé ou combattu toutes les hérésies. Depuis deux cents ans, hélas son besoin d’apostolat s’exerce eh vue de la propagation de Terreur, de l’irréligion, de la haine sectaire, du scandale éclatant, de l’athéisme universel, en un mot de la Révolution maçonnique, dont elle est le foyer mondial. En s’écartant de ses voies prédestinées, elle court, elle se précipite à l’abîme. La France « se dissout », entendons-nous proclamer, la France « meurt » de son régime « abject ». Cela sent le pourri ! ».

 

Le P. Lacordaire, embrassant de son regard d’aigle la carrière merveilleuse de notre Patrie depuis son berceau, a prononcé cette phrase profonde et si vraie, effrayante prédiction, commentaire du discours de saint Remy : « Si l’Évangile et la patrie se séparaient enfin, c’en serait fait de nous, parce que c’en serait fait de notre caractère national. La France ne serait plus qu’un lion mort et on la traînerait, la corde au cou, aux gémonies de l’histoire. »

 

Les événements contemporains, le spectacle de notre déchéance actuelle confirment d’une façon remarquable le testament de saint Remy. Les penseurs n’ont pas manqué d’être frappés par cette concordance étonnante de notre grandeur dans la foi et de notre décadence dans l’apostasie. « Dieu protège la France » quand elle est fidèle, mais II l’abandonne, « Il n’aime plus les Francs », Il retire son bras protecteur, lorsque ses fils de prédilection le renient, effacent son image et son nom de partout, jusque sur les pièces de monnaie !

 

Dans les Considérations sur la France, J. de Maistre le constatait à son tour : « Chaque nation, comme chaque individu, a une mission qu’elle doit remplir… Le châtiment des Français sort de toutes les règles ordinaires, et la protection accordée à la France en sort aussi ; mais ces deux prodiges réunis se multiplient l’un par l’autre et présentent un des spectacles les plus étonnants que l’œil humain ait jamais contemplés. »

 

Cependant, malgré l’apostasie nationale, la France catholique n’est pas morte; une sève surnaturelle monte en elle, obscurément peut-être encore, mais réellement.

 

« Nous fondons, disait Léon XIII, en 1879, sur ces mérites et ces vertus (de la vie catholique française) nos plus belles espérances pour l’avenir de votre nation, le bon Dieu n’abandonnera pas un peuple qui ne se lasse pas de donner au monde de si éclatants témoignages de fidélité à son Église. » Et, le 18 avril 1893, le même Pontife disait : « Oui, nous aimons la France et nous avons la confiance, qu’avec l’aide de Dieu, elle continuera à justifier son beau titre de Fille aînée de l’Église. »

 

La Révolution — a-t-on dit — qui a commencé par la proclamation des droits de l’homme ne finira que par la proclamation des droits de Dieu !

 

Or, c’est à la France que le Sacré-Coeur s’est adressé à maintes reprises pour lui demander de proclamer ses droits en se consacrant à Lui. Il y régnera malgré Satan et ses suppôts, déchaînés sous nos yeux. A ce prix seulement, notre patrie sera victorieuse de tous ses ennemis. Quel chrétien hésiterait donc à reconnaître cette mission providentielle de la France ?

 

C’est au peuple qui a propagé à travers le monde les droits de l’homme, qu’il appartient de réparer le mal causé par lui. Rentrant dans ses voies traditionnelles, redevenue l’apôtre de l’Idéal et de la Vérité, la France devra de nouveau, comme à Reims, « brûler ce qu’elle a adoré, adorer ce qu’elle a brûlé », et cela, solennellement, à la face du monde entier, qu’elle illuminera de sa lumière, a abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes, rendue triomphante de tous les ennemis de la sainte Église ».

 

Grande entre toutes les nations, apôtre des Droits de Dieu, telle est la vocation de la France : les promesses divines sont imprescriptibles !

Jésus-Christ Roi de France et de l'Univers

1. « Jeanne d’Arc et la Monarchie », par l’abbé Vial, p. 155.

 

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Commentez cet article !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :